SAINT MARTIAL

évêque de Limoges (IIIe siècle)

 

Dès le haut Moyen Age, certains miracles martialiens  en font un protecteur, mettent au pas à l'occasion rois et princes. Aux alentours de l'an mil, et en particulier à l'époque d ' Adémar de Chabannes , grâce au miracle de 994, mais aussi de la réécriture de sa vie, Martial devient défenseur de la paix et de tout le peuple aquitain, et son abbaye un véritable lieu de pouvoir. Enfin à l"étape suivante, le souvenir des miracles martiliens sera intégré dans les cérémonies, rendant l'abbaye incontournable lors des évènements décisifs qui concernent l'intérêt collectif du peuple d'Aquitaine. 

Originaire d'Orient, envoyé par un Pontife romain, celui qui devait devenir saint Martial gagna notre région par la voie romaine de Bourges à Limoges probablement à la fin du IIIème siècle. Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont, mort en 488, écrit que la cité des Limousins reçu saint Martial comme évêque. Grégoire de Tours précise vers 576 que, sous le consulat de Dèce et de Gratus (vers 250), saint Sernin fut envoyé dans les Gaules avec six autres évêques, dont Martial accompagné de deux prêtres orientaux Alpinien et Austricilien qui devaient lui survivre et être enterrés auprès de lui dans une crypte basilique située à l'emplacement occupé autrefois par un cimetière gallo-romain construit suivant la coutume, hors de la ville. 

C'est à Augustoritum (Limoges) ou plus exactement à la Civitas Lémovicium, la Cité des Lémovices, qu'il mourut et fut inhumé. Un culte se développa sur son Tombeau et l'évêque de Limoges y détacha quelques clercs pour en assurer le service.

Le nom de Martial sera mentionné pour la première fois dans le testament de Saint Yrieix en 572 au sujet d'une donation faite aux clercs desservant son Tombeau. En 848 ces clercs se firent moines. Ainsi naquit l' abbaye de Saint Martial, qui devint un grand centre de pèlerinage tout au long du XIème et du XIIème siècle.