SAINTE MARTHE

disciple du Christ, soeur de Lazare (Ier siècle)

A Béthanie, non loin de Jérusalem, vivaient Marthe,Marie et leur frère Lazare. Jésus aimait à se reposer dans leur maison. Qu'il devait faire bon puisqu'il s'y sentait bien, nous pourrions même dire "détendu" et paisible. Honneur donc à la maîtresse de maison, sainte Marthe. Mais elle est toujours affairée et elle reproche à sa sœur de ne pas l'aider. Le Maître ne lui en fait pas grief. Il lui demande seulement de rester calme et de donner à  chaque chose sa valeur. "Marthe, Marthe, tu t'agites, tu t'inquiètes pour beaucoup de choses...." Ce n'est pas l'activité que Jésus condamne, (que s'en consolent les maîtresses de maison), mais l'activisme, l'agitation. Il vaut mieux recevoir dans la paix du cœur, que de voir la maîtresse de maison sans cesse à la cuisine, venir en éclair à la table, abandonner son hôte et repartir pour que la salade soit au point. L'essentiel c'est la convivialité, avec un équilibre des réalités. Marthe d'ailleurs n'en manque pas, car lorsque Marie ne sait que pleurer devant le tombeau de son frère, Marthe est confiante: "Je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, il te l'accordera." La réponse ne se fait pas attendre: "Je suis la Résurrection et la Vie."

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc  ( 10, 38-42)

 

En ce temps-là,
  Jésus entra dans un village.
Une femme nommée Marthe le reçut.
  Elle avait une sœur appelée Marie
qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
  Quant à Marthe, elle était accaparée
par les multiples occupations du service.
Elle intervint et dit :
« Seigneur, cela ne te fait rien
que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ?
Dis-lui donc de m’aider. »
  Le Seigneur lui répondit :
« Marthe, Marthe, tu te donnes du souci
et tu t’agites pour bien des choses.
  Une seule est nécessaire.
Marie a choisi la meilleure part,
elle ne lui sera pas enlevée. »

 

Dans l’évangile, Jésus semble critiquer Marthe pour le bon travail qu’elle fait en préparant le repas. . Le Christ ne lui reproche pas de vouloir bien accueillir  ses invités, mais d’être trop soucieuse, de trop s’en faire. 

La contemplation et l’action sont les deux faces d’une même pièce.  La parole de Dieu clarifie nos priorités et change notre attitude envers les autres et envers Dieu. Elle donne un sens aux événements de tous les jours, y compris les grandes joies aussi bien que les souffrances, la maladie et la mort elle-même. 

Dans notre monde de consommation, plusieurs ne savent plus contempler, adorer et prier… La course effrénée de la vie, de l’argent, des voyages, risque de nous faire perdre l’esprit d’intériorisation et de faire de nous des êtres diminués et superficiels. Si le spirituel est étouffé, il se crée un vide et un déséquilibre dangereux. 

Il ne s’agit donc pas d’opposer Marthe l’active à Marie la contemplative mais de comprendre que ces deux femmes représentent deux aspects importants de notre vie chrétienne. 

Les grands saints ont très bien compris cette vérité évangélique : S. Ignace de Loyola disait à ses Jésuites qu’ils devaient être «des contemplatifs dans l’action» et S. Benoît construisait toute la spiritualité chrétienne sur les deux piliers de la prière et de l’action : «ora et labora». 

Nous sommes invités aujourd’hui à réévaluer l’aspect contemplatif de notre vie chrétienne, à redonner la primauté à la rencontre de Dieu dans la prière et dans la méditation, à faire de la parole de Dieu une nourriture quotidienne.