SAINT ARNOUL DE METZ

29ème Évêque de Metz (✝ 641)

SAINT ARNOUL ( Arnold) est décrit comme un grand civilisateur – un Évêque hors du commun – un Saint qui bouscule.

La vie de Saint ARNOUL nous est connue par un de ses contemporains et elle fut publiée dans les « Acta Sanctorum ordinis S. Benedicti » et dans les « Scriptora rerum merovingicarum » .

Il naît vers 580 au château de LAYUM aujourd’hui Lay-Saint-Christophe près de NANCY et est fils d’Anchise dit Baudgise, Maire du Palais et d’Ode fille de Gouze, duc de Suève.

Après ses études de latin il est confié à Gondulphe (ou Gondoul) Maire du palais à la cour d’Austrasie et y est initié au maniement des affaires.  Puis il entre à la cour du roi Théodebert II et là, on lui reconnaît tant de mérites, qu’on lui remet l’intendance du palais et le gouvernement de la province de mosellane.

Vers l’an 600 il épouse Dode fille de Thierry comte de Boulogne qui est d’une très grande famille aristocratique – elle reçut d’ailleurs en dot un important domaine dans les VOSGES qu’elle légua par la suite à l’évêché de METZ. Celui-ci y fit construire la ville d’EPINAL .  Elle donnera à ARNOUL  plusieurs enfants.

Nous retiendrons seulement : Ansegisel et Clodulf (ou Cloud) ce dernier deviendra évêque de Metz et sera vénéré sous le vocable de St Cloud.

Les luttes font rage entre les royaumes d’AUSTRASIE et de NEUSTRIE (Normandie) attisés par les intrigues de la reine Brunehaut (Reine d’AUSTRASIE).

BRUNEHAUT âme de tous les conflits entre la BOURGOGNE et les deux autres provinces est vaincue par Clotaire II et sera exécutée de façon cruelle. C’est ce qui incitera peut être ARNOUL à entrer dans les Ordres.

Le siège épiscopal de METZ étant vacant, il est choisi comme vingt-neuvième Évêque par le peuple et le clergé de METZ et intronisé vers la fin de 612, ce qui fait échouer son désir de se retirer au Monastère de LERNIS avec son ami Romary. 

Dode, quant à elle, s’est effacée devant la vocation de son époux et entre dans un Monastère de Religieuses Bénédictines près de TREVES. On ne saura plus rien d’elle qui avait pourtant partagé la vie d’Arnoul, une vie officielle et brillante et qui à moins de 30 ans poussera son mari à suivre l’appel de l’Église. Elle ne pouvait que se résigner…

Mais ARNOUL ne demeure pas inactif et est à l’origine de deux lois fondamentales dans un rôle de conciliateur qui lui va à ravir :

Pour les comtes, l’inamovibilité des fiefs  - ce n’est pas encore l’hérédité mais comme c’est le cas aujourd’hui pour les magistrats, une disposition déterminante de la continuité de l’action et de la responsabilité personnelle.

Pour les Évêques, l’élection par les fidèles et la compétence exclusive d’une juridiction ecclésiastique pour les juger : l’autorité spirituelle est ainsi dégagée d’une soumission arbitraire au pouvoir royal.

L’influence qu’il eut auprès de Clotaire II fit que le roi lui confia l’éducation de Dagobert et qu’il s’acquitta de cette tâche de façon si parfaite qu’il sut inspirer à son élève « une sagesse si profonde que nul dans le pays des Sicambres ne pouvait lui être comparé ». Même en 622 lorsque le jeune prince sera associé au trône de son père,  ARNOUL continuera de remplir ses fonctions auprès de lui.

Sa présence est signalée lors de plusieurs conciles : à PARIS (614) à METZ et REIMS (625) et à CLICHY (627) mais il désirait par-dessus tout depuis longtemps se dessaisir de sa charge épiscopale et se retirer dans la solitude.

En 629 DAGOBERT le laisse enfin partir !!

Il se fait alors construire une cellule et un oratoire sur une montagne proche de REMIREMONT le « Hoerenberg »,  qui sera plus tard nommée montagne de Saint-Arnoul. Près de sa cabane,  il édifie un abri pour les lépreux (alors rejetés de la société des hommes) et bien d’autres exclus,  qu’il soigne avec une grande charité.

Il vivra ainsi seul dans sa retraite sauvage où il meurt le 16 août 640. Son ami ROMARY prendra soin de ses funérailles et enlèvera la sainte dépouille pour lui donner une sépulture honorable dans la chapelle de la montagne.

Mais l’Église de METZ veut posséder les saintes reliques de son ancien Évêque et en 641 GOERY, Évêque de METZ ainsi que TIFFROY évêque de TOUL, et Paul Évêque de VERDUN, viennent prendre les précieux restes et les rapportent en procession solennelle à METZ où ils les déposent à l’Abbaye des Saints Apôtres qui devient alors ABBAYE DE SAINT ARNOUL.

Celle-ci sera rasée en 1552 par le Duc de GUISE lors du siège de la ville par Charles QUINT et les cendre vénérées ramenées à l’intérieur de METZ. L’Abbaye qui les accueillera,  nouvellement construite,  portera le nom de SAINT ARNOUL.

Le bâtiment est aujourd’hui le mess des officiers de la garnison mais la rue en contrebas de l’édifice s’appelle encore « sous Saint-Arnoul ».

En fait la première Abbaye se trouvait devant les remparts de l’emplacement de l’hôpital Bon-Secours de METZ.