SAINT JOSE SANCHEZ DEL RIO

Fête le 10 février

Enfance de José Luis

osé Luis Sanchez del Rio est né le 28 mars 1913 à Sahuayo del Diaz, petit village de l’État de Michoacán. Il était le troisième de quatre frères. Sa famille, de descendance espagnole, était fortunée. Il aidait toujours autant qu’il le pouvait les pauvres et les plus démunis. Il aimait les chevaux et savait les monter comme peu. Il était toujours très amical et s’entendait bien avec tous. Il n’a jamais profité de sa taille ou de sa force pour dominer ses compagnons. C’était un garçon sain et de caractère agréable, zélé et ingénieux, aimable et simple, très obéissant et délicat envers ses parents ; mais surtout très fervent, il fréquentait les sacrements et récitait le chapelet tous les jours.

La guerre Cristera

Quand il eut treize ans, la persécution la plus sanglante et cruelle que le Mexique ait connue éclata : celle qu’on a appelée « la guerre cristera », comparable par sa dureté, aux persécutions des premiers siècles du christianisme. Ce furent aussi les années pendant lesquelles se sont écrites les plus belles pages d’ héroïsme et de noblesse de l’histoire du Mexique. Ce furent des années dures pour les chrétiens courageux et braves. De nombreux évêques furent expulsés de leur diocèse. Les prêtres furent persécutés et sauvagement assassinés ; les biens de l’Église furent confisqués, les séminaires furent fermés, les églises servaient d’écuries ou de prisons. Ils brûlèrent les images sacrées et profanèrent les tabernacles. La haine du Gouvernement contre le Christ et son Église n’épargnait personne, ni les plus jeunes ni les femmes.

Le peuple catholique mexicain n’eut rien d’autre à faire que de lever les armes pour défendre ce qu’il aimait le plus : sa foi au Christ et les droits de son Église. Rapidement, au cri de « Vive le Christ-Roi » – « Vive la Vierge de Guadalupe ! », venant de toutes les classes sociales, des grandes villes ou des fermes les plus reculées, se leva une armée de soldats du Christ, les Cristeros, qui eurent alors la bénédiction des évêques et même la bénédiction du Pape Pie XI. José Sanchez – ou José Luis, comme ses amis l’appelaient parce que c’était son nom de guerre – fut un de ces soldats qui ne craignirent pas de donner leur vie pour gagner le ciel.

L’arrestation et la torture

Quelques mois après s’être enrôlé, après de nombreuses difficultés pour obtenir d’être inscrit malgré son jeune âge, se déroula un violent combat avec les troupes fédérales. Dans « la bataille de Cotija », le cheval du général des cristeros fut tué et José Luis, sans y réfléchir à deux fois, descendit de sa monture et insista pour que le général monte sur son cheval et puisse s’échapper. « Mon général – dit José Luis, prenez mon cheval et sauvez-vous : vous êtes plus utile et vous manqueriez plus que moi à la cause ». En prononçant ces mots, il signait son arrêt de mort. Il savait qu’il serait certainement tué puisque la consigne du Gouverneur était d’en finir avec tout cristero attrapé. José Luis, fusil à la main, fit face à l’ennemi en couvrant son général jusqu’à épuisement de ses balles. « Me voici, dit-il à ceux qui l’arrêtèrent, parce que je n’ai plus de balles, mais je ne me rends pas ! ».

Commencèrent alors pour notre ami, quatre longs jours d’agonie avant son ultime et plus difficile bataille : celle du ciel. Les tortures, les interrogations, les raclées, les nuits sans dormir, à peine de quoi manger, tentatives de corruption pour l’obliger à trahir sa foi… Rien. Comme réponse, il priait avec plus d’intensité et à chaque coup ou à chaque question de ses bourreaux, il répondait : « plutôt mourir que trahir le Christ et ma Patrie ». Comme son Maître pendant sa Passion, José Luis demeura ferme et fidèle au Christ et à sa conscience.

Pendant qu’il était prisonnier, ils le tentèrent avec toute sorte de promesses et de chantages pour le voir trahir le Christ. Ils lui offrirent de l’argent pour qu’il parte aux États Unis vivre tranquillement, ils lui proposèrent une carrière militaire brillante avec toutes les facilités… Rien. Le résulta fut toujours le même : « Plutôt mourir ! ». Ils dirent même à son Père qu’il n’aurait pas à payer un seul centime des cinq mille pesos en or que le Gouvernement avait demandés pour son rachat. Rien ni personne ne put lui faire ni assassiner sa conscience ni vendre sa fidélité au Christ. C’était un chrétien d’une seule pièce.

Le jour du martyr

Arriva le 10 février 1928, jour de son entrée dans l’éternité. Il n’y eut aucun jugement et ils ne lui donnèrent pas non plus l’occasion de se défendre. Ils le firent sortir les mains liées. Il était environ onze heures du soir. Les bourreaux choisirent cette heure, après le couvre-feu, parce qu’ils ne voulaient pas que quelqu’un sache ce qu’ils allaient faire à ce garçon. Avec un couteau, ils lui coupèrent lentement la plante des pieds et l’obligèrent à marcher pieds nus sur du sel. Ensuite ils l’emmenèrent sur un chemin pierreux en direction du cimetière.

Sur le trajet, les soldats, voulant lui faire renier sa foi, lui donnaient des coups et des bourrades et, comme à un taureau de combat, avec de petits couteaux pointus, on lui donnait des coups de poignard sur tout le corps. A chaque coup de poignard, José Luis criait avec encore plus de force : « Vive le Christ Roi ! Vive la Vierge de Guadalupe ! » Les pierres du chemin se teintèrent sang. De leurs maisons, les gens entendirent les cris et vinrent pour voir ce qu’on lui faisait. Certains le suivirent et nous avons tout vu. Ils voulaient le tuer à coups de couteaux pour éviter le bruit des coups de feu. En voyant qu’il ne cessait pas de crier « Vive le Christ Roi ! » l’un des soldats lui asséna un coup de crosse de fusil si rude qu’il lui fractura la mâchoire.

Arrivés au lieu du « Calvaire », le cimetière, ils l’obligèrent, malgré le peu de forces qui lui restait, à creuser sa propre tombe. Ensuite, n’arrivant pas à le faire renier et comme, au contraire, il proclamait encore plus fort sa foi au Christ, le chef de la garde, exaspéré, s’approcha de José Luis, sortit son pistolet et le déchargea à bout portant en pleine tête. Ses dernières paroles furent « Vive le Christ Roi et sainte Marie de Guadalupe ! ». Son corps, baigné de sang, s’écroula sur le sol. Ils lancèrent dessus quelques pelletées de terre et s’enfuirent. Un papier, dans une bouteille, à côté de son corps, laissait la preuve irréfutable qu’un héros de la Patrie, un soldat du Christ et un martyr de l’Église de seulement 14 ans, gisait ici, à cet endroit.

La force de son témoignage

Le grand ami, le meilleur ami de José Luis, son compagnon d’aventures et de combats, fut toujours Jésus-Christ. Il conversait avec lui à tout moment du jour avec plus de naturel même qu’avec ses propres compagnons. Il lui racontait ses problèmes et ses difficultés et il aimait aussi fêter avec lui les moments de joie, ses bons résultats à l’école ou sa victoire à un jeu. Ils faisaient tout ensemble. Le Christ et lui avaient conclu un pacte d’amitié par lequel ils resteraient unis pour toujours, la mort elle-même ne devait pas les séparer.

La fidélité à cette amitié lui a pourtant coûté son sang, il a prononcé le nom de Jésus dans le martyr. « Vous pouvez me couper la langue et m’attacher les pieds et les mains, disait-il à ses gardes pendant qu’il était en prison, mais même dans cette situation, chaque geste et mouvement de mon corps sera pour moi une façon de crier « Vive le Christ Roi ! ». Tout en lui n’avait d’autre finalité que de transmettre le Christ, l’annoncer et témoigner son amour à tous ses compagnons, ses parents, ses frères, les cristeros et à ses bourreaux eux-mêmes.

José Luis ne perdit jamais de vue que le but de sa vie était le ciel et que cela valait la peine de faire quelques sacrifices ou de souffrir pour l’obtenir. Il savait que là, il pourrait jouir de Dieu pour toute l’éternité. Ainsi, il a su perdre sa vie pour la gagner pour le ciel : 14 ans lui ont suffit pour la vivre à fond et remporter le prix. Suivant le conseil de l’Évangile, il n’a pas craint ceux qui pouvaient tuer le corps, mais ceux qui pouvaient lui faire perdre sa foi et son amitié pour le Christ, lui voler sa pureté de corps et de cœur, lui faire renier ses convictions (cf Lc 12, 4 – 5). Plutôt mourir que pécher. C’est la raison pour laquelle il a préféré une vie courte, mais avec le Christ à une vie longue et confortable mais sans lui et sans la vie éternelle. Il est mort comme il a toujours vécu : debout, combattant comme un véritable chrétien, avec la lampe allumée de sa foi et de son amour.

Source : http://www.centreflambeau.com/Jose-Sanchez-del-Rio.html