MADAMEACARIE

Barbe AVRILLOT, épouse de Pierre ACARIE, née à Paris le 1er février 1566 et décédée à Pontoise, le 18 avril 1618.

Une femme dans le monde, mariée, 6 enfants, qui a su affronter héroïquement de grandes épreuves, elle est « principale introductrice du Carmel en France ». Veuve, elle est elle-même appelée par Dieu à devenir soeur converse : Soeur Marie de l'Incarnation, aujourd'hui Bienheureuse.

Chez cette femme d'un très grand bon sens, l'amour de Dieu se traduit dans l'accomplissement achevé du devoir d'état. Joignant à des dons naturels nombreux, une vie intérieure intense, elle sut accomplir simultanément ses devoirs envers Dieu et le prochain. Madame Acarie est un modèle pour nous, hommes et femmes d'aujourd'hui, quel que soit notre état de vie.

Madame Acarie est particulièrement priée pour les futures naissances, et pour l'accueil et la protection de la vie en toutes circonstances.

MERE DE FAMILLE :

Barbe Avrillot devenue à seize ans et demi l'épouse de Pierre Acarie, montre pendant ses trente-deux années de mariage que la vie mystique la plus élevée n'est incompatible avec aucune des obligations de la vie familiale et de société.
Dans ce cœur tout à Dieu, l'amour maternel saura être tendre et ferme. Éducatrice avertie, Madame Acarie élève ses six enfants sans faiblesse comme sans dureté : tour à tour enjouée et grave, elle est la conseillère de ses trois fils et de ses trois filles.

FEMME D' INFLUENCE :

Femme d'influence dans un milieu en vue, appartenant à la « haute robe » parisienne par sa naissance, ses alliances et sa fortune, elle est tenue en considération dans les cercles du pouvoir, à la Cour, et jusque par les Souverains, grâce à son seul rayonnement humain et spirituel. Elle témoigne que le POUVOIR EST UN SERVICE.Secourable à toutes détresses, on vient la consulter de toute part, attiré par sa prudence et ses lumières surnaturelles. Son action individuelle, si féconde qu'elle ait été, n'égale pas ce qu'on appellerait aujourd'hui son action « sociale ».Le sens qu'elle eut, en effet, de la nécessité de grouper les forces pour les rendre plus efficaces en fait avant la date un modèle de membre de l'Action Catholique : elle a l'initiative de toutes les grandes œuvres parisiennes de son temps, et elle répond à toutes les détresses rencontrées sur sa route.

INTRODUCTRICE DU CARMEL EN FRANCE :

Son plus beau titre de gloire est, sans doute, d'avoir été l'introductrice en France des filles de Sainte Thérèse d'Avila.Préparée par des souffrances de toutes sortes, Madame Acarie saura répondre pleinement à la mission divine. Quand Sainte Thérèse, par deux fois lui apparaît, lui ordonnant de la part de Dieu d'implanter son Ordre en France, cette femme si souple à Dieu et aux hommes, a depuis longtemps, sans le savoir, une âme et un cœur de Carmélite.À cette époque de vives tensions politiques, Madame Acarie envoie donc un groupe de personnes en Espagne, afin d'obtenir la venue de plusieurs Carmélites espagnoles pour fonder en France un premier Carmel. C'est chose faite, le 18 octobre 1604, à Paris.

 FEMME STIGMATISEE :

Les maladies, les épreuves de famille (mari, enfants, père âgé), les revers de fortune et les travaux de toutes sortes portés avec courage et abnégation ont fait de sa vie un long chemin de Croix.Dès l'âge de 27 ans, elle reçut les stigmates, une grâce de configuration au Christ Souffrant. Elle est la première française dont la véracité des stigmates - quoique invisibles - ait été attestée par d'éminents personnages.

BIENHEUREUSE :

Quand la nouvelle de la mort de sœur Marie de l'Incarnation se répandit dans la ville (Pontoise), le 18 avril 1618, on disait : « La Sainte est morte » !Il ne s'agit pas ici de rappeler les miracles, il furent nombreux, ni de parler des témoignages de vénération qui se manifestèrent à sa sépulture, et ensuite autour de son tombeau, mais le fait que son propre fils, Pierre Acarie, interpelé par ces faits étonnants, demanda l'ouverture des enquêtes pouvant conduire à la béatification, dès 1622.Ces enquêtes terminées en 1632, ne furent prises en considération à Rome qu'à la fin du XVIIIème siècle. La Béatification fut célébrée à Saint Pierre de Rome le 5 juin 1791.

SA CANONISATION :

 

Madame Acarie a été béatifiée par l'Eglise deux cent ans après sa mort, et son procès de canonisation est en cours.
Aujourd'hui, il requiert un miracle reconnu par l'Eglise pour aboutir.
La reconnaissance, aujourd'hui, de la sainteté de Marie de l'Incarnation, étendant son culte à toute l'Eglise viendra-t-elle emplir de joie nouvelle les chrétiens du troisième millénaire après l'Incarnation du Sauveur ?
Les saints nouveaux ne peuvent qu'enrichir l'Eglise. C'est aimer la gloire de Dieu que de se réjouir de la sainteté de ses serviteurs.

Prière pour demander la canonisation :

O très sainte et admirable Trinité, qui avez daigné accorder à votre Servante, la Bienheureuse Marie de l’Incarnation, une ardente vie intérieure, jointe à une intense activité tout entière consacrée à votre gloire, enseignez-nous à faire votre volonté et donnez-nous de pouvoir étendre le règne du Verbe Incarné, Jésus-Christ Notre Seigneur. Attirez-nous à Vous pour nous brûler du feu de votre amour et daignez hâter l’heure de la glorification de votre fidèle Servante en nous accordant la grâce que nous Vous demandons aujourd’hui par son intercession. Amen.